Presse

La sculpture de Maria-Carmen Perlingeiro entreprend une rééducation esthétique spontanée et sans prétention, une tâche étonnante et simple: refaire notre contact aimant avec les choses.

Ronaldo Brito

Du marbre dur à la delicatesse de l’albâtre

Jornal O Globo, Rio de Janeiro 2007

Duretés diaphanes

Trajectoire n.86

Entre ses sculptures à base d’albâtre et les murs de roche apparente de sa splendide maison genevoise, l’artiste brésilienne Maria-Carmen Perlingeiro vit entourée de pierre. Une matière qui la fascine et qu’elle travaille sans relâche depuis plus de 20 ans.

On y pénètre comme dans une grotte, le long d’un couloir qui se rétrécit jusqu’à se confondre avec la porte d’entrée. La maison de Maria-Carmen Perlingeiro, en région genevoise, ne ressemble à aucune autre dans le voisinage. Aux traditionnels escaliers intérieurs, son concepteur, l’architecte brutaliste Leonardo Ricci, ancien directeur de l’école d’architecture de Florence, a préféré les pentes douces de rampes transversales. Seules quelques marches menant à la piscine subsistent à l’extérieur, donnant à l’ensemble une ambiance très « Jacques Tati », selon les mots de l’occupante des lieux.

Dans chaque recoin de cette étonnante propriété de 1’000 mètres carrés, bâtie dans la seconde moitié des années 50, transparaît la personnalité ouverte et généreuse de Maria-Carmen Perlingeiro. Les sculptures en albâtre de l’artiste se mêlent aux plantes d’intérieur et côtoient les œuvres d’artistes divers, notamment celles de son ami Tunga. A cela s’ajoute un mobilier rétro provenant quasi exclusivement de marchés aux puces genevois des années 80.

Née à Rio, Maria-Carmen Perlingeiro décide de se consacrer dès son arrivée en Suisse il y a 23 ans au travail exclusif de l’albâtre, une pierre qui la fascine pour ses imperfections, de même que pour sa capacité si particulière à filtrer la lumière. Elle fait venir cette roche par tonnes entières de Volterra, en Toscane. Selon les séries, se détachent de ses sculptures divers objets de la vie quotidienne, des ciseaux aux cols de chemise. Beaucoup sont simplement traversées d’un trou doré, à l’image d’une peau percée. Ses œuvres investissent et s’intègrent parfaitement au lieu, un peu comme si l’atelier de travail situé à l’étage inférieur se prolongeait dans toutes les pièces.

Ces objets entrent en quelque sorte en compétition avec la maison elle-même. La pierre y est omniprésente, dehors comme dedans, notamment au travers des murs constitués d’une remarquable composition de formes et de couleurs rouillées. « C’est un langage architectural que nous connaissons bien au Brésil, relève l’artiste. Et dire qu’à l’époque où nous avons acheté la maison avec mon mari elle était sur le point d’être détruite. L’ancien propriétaire la trouvait trop moderne. » Quel sacrilège c’eût été là…

 

William Türler
Revista Trajectoire, 2009

EIN LEBENDIGER STEIN/
UNE PIERRE VIVANTE

Viso 4 | 2009

Une brésilienne à Volterra

Dispenser TV | 2008

La brasiliana Maria-Carmen Perlingeiro in mostra a Volterra nei Sotterranei della Pinacoteca: alabastri contemporanei nelle trasparenze di senso dal quotidiano Si apre sabato 6 settembre, alle ore 17.00, con cerimonia di vernissage posticipata al 13 settembre, a Volterra nelle stanze itineranti dei Sotterranei della Pinacoteca Civica, la personale di scultura, installazioni e design concettuale nei magnetismi, venature di senso, luci e trasparenze degli alabastri in chiave minimalista e contemporanea dell’artista Brasiliana Maria-Carmen Perlingeiro.

La pietra ambigua e duttile volterrana, memoria delle acque ataviche, amplificata e rielaborata nelle sculture minimaliste e nelle installazioni contaminate di un surrealismo magrittiano, che parla di presenze dall’inconscio manifestate nelle sedimentazioni di memoria di oggetti d’uso quotidiano (bottoni, forbici, valigette) alla luce atemporale e spirituale di un sole magnetico, fra la leggenda sudamericana ed i ritmi spersonalizzanti dell’ambiente metropolitano.

Unghie che sembrano lune, (foto gallery) biancheria intima nelle icone del grande magazzino che parlano incisivamente di una condizione al femminile attraverso un’immagine familiare e apparentemente banalizzata, fino alla magnificente citazione di catene montagnose perforate da cerchi in oro solari e lineari,(nella foto) negli alabastri gestiti in in-stallazione, sul filo conduttore della dialettica tra massa-materia e dinamismo dirompente ed eternamente mistico della luce (foto gallery).

Dal Brasile allo studio stabile in Svizzera, a Losanna, Maria-Carmen Perlingeiro, autrice anche di giardini-intervento in importanti sedi internazionali europee, ha partecipato attivamente al Simposio Internazionale di Scultura in Alabastro, l’evento annuale che riunisce artisti scultori dal mondo a confronto con la trasversalità del supporto volterrano, ed al “Taam”, il museo dinamico itinerante che ne raccoglie e presenta le opere.

Con il patrocinio della Regione Toscana e della Provincia di Pisa , il sostegno e patrocinio del Comune di Volterra, della Fondazione Cassa di Risparmio di Volterra, della Cassa di Risparmio di Volterra S.p.A., della “Knauf”, della Camera di Commercio di Pisa, e con l’apporto logistico del Consorzio Turistico di Volterra, la mostra rientra nel programma degli eventi collaterali al Simposio Internazionale di Scultura in Alabastro, organizzato annualmente nella città di Volterra dall’AISA (Associazione Internazionale Scultori per l’Alabastro). Sotto la direzione artistica di Roberto Bianchi, gli allestimenti di Andrea Bianchi (produzione di Pavel Urban, assistenza di Ricardo Caetano, con la collaborazione di Leticia De Almeida e di Alexandre Thursten & Hadien M. per il design) la personale resterà aperta ai visitatori fino al 28 settembre 2008, tutti i giorni negli orari 10-13 e 16-19.

Vingt ans d’art diaphane

Laurence Chauvy

BEAUX-ARTS. Un livre rend justice aux oeuvres suggestives de Maria-Carmen Perlingeiro.
Laurence Chauvy
Samedi 23 juin 2007

Aux textes fouillés et intéressants de l’album dédié au travail de Maria-Carmen Perlingeiro répondent, parfois en vision rapprochée, les belles photographies des oeuvres. Si ces dernières attestent pour la plupart le point d’arrivée – provisoire – de son travail, les textes suivent la trajectoire empruntée par l’auteur des Gouttes, des Lunatiques ou de la série intitulée Un fragment, deux figures, imaginée comme un hommage au père. Un parcours qui conduit des pièces réalisées au Brésil ou dans l’atelier d’Evelyne Gallopin à l’Ecole des beaux-arts de Genève, jusqu’au moment clé de la découverte d’un matériau fétiche, l’albâtre «parfait et ambigu». Jusqu’alors avaient prévalu le marbre et le dessin, la sérigraphie, la manipulation d’objets et de végétaux destinés à
évoquer une idée, une sensation, une intuition. La partie biographique que signe Cecilia Leuenberger fait plus que suivre le fil d’une vie, elle documente et commente l’oeuvre en devenir.

Mais toutes ces explications qui dessinent en creux le portrait de l’artiste se résument et se résolvent dans la contemplation, différée, des pièces elles-mêmes, captées par l’oeil du photographe. Empilement de Livres semi-transparents, dont les veines font remonter l’âme à la surface, aspect aléatoire des Pétales alignés sur le sol, sur fond de jardin, apparition d’une forme banale, comme mythifiée, au coeur de la matière, et puis cet alliage de l’or et de l’albâtre, qui risque le précieux pour mieux insister sur la lumière. Cette lumière qui non seulement baigne la sculpture, mais sourd de ses entrailles. Si la cuisine d’une oeuvre se doit de demeurer cachée, celle de Maria-Carmen Perlingeiro y parvient très bien. Comme le souligne Ronaldo Brito dans le texte liminaire, «vingt ans de travail lourd, de dur labeur, réussissent enfin à produire une sculpture légère, presque diaphane; vingt ans de chocs quotidiens contre la matière finissent par la rendre immatérielle.»

 

Maria-Carmen Perlingeiro, Ronaldo Brito et Michael Jakob (Editions Infolio, coll. Archigraphy
monographies). © Le Temps, 2007 . Droits de reproduction et de diffusion réservés. 23