MARIA-CARMEN PERLINGEIRO CHRONOLOGIE

De retour à Rio de Janeiro, elle commence à développer une série d’oeuvres sur le jogo do bicho – une loterie brésilienne quotidienne clandestine. A chaque chiffre correspond un animal. Ce travail sur le jogo do bicho est montré intégralement dans une salle de la 14ème Biennale Internationale de São Paulo. Le travail est composé de sérigraphies – Archives d’un joueur, douze planches correspondant à chaque mois de l’année – A la poursuite de l’image, douze sérigraphies sur papier quadrillé – Guide pour débutants, les vingt-cinq animaux du jeu ; d’objets – Les Animaux en conserve, vingt-cinq bocaux avec des chiffres flottant sur l’eau ; de peintures – ABC du jeu ; de diapositives en noir et blanc – La Chasse aux pronostics ; et d’un petit livre – Manuel de poche, interprétation des rêves.





La même année, elle est invitée par le directeur de l’Escola de Artes Visuais do Parque Lage, Rio de Janeiro, Rubens Gerchman, à enseigner la sérigraphie avec Dionisio del Santo, et réalise l’exposition « Plásticos » qui regroupe les travaux des élèves de son atelier de sérigraphie. A cette même époque, elle intègre l’association brésilienne d’artistes plasticiens.

L’année suivante, elle installe, à Copacabana, l’atelier de sérigraphie Série pour imprimer des éditions d’art. Elle réalise, entre autres, des travaux pour des artistes de Rio tels que Carlos Vergara, Waltércio Caldas, Oscar Niemeyer et Jorge Guinle (son voisin d’atelier).

La série sur le jogo do bicho, présentée à la Biennale de São Paulo, est montrée à Rio lors de son exposition individuelle « Letras » à la Galerie de l’Alliance française de Botafogo.

En 1979, invitée par Regina Vater, elle présente l’oeuvre photographique Palmeiras lors de l’exposition « Works on paper » à la Nobe Gallery, à New York. A la galerie du Centro Cultural Candido Mendes à Rio de Janeiro, elle expose N Operações, un projet expérimental réalisé avec Rute Gusmão, constitué d’un film super-8 diffusé en boucle, d’objets et d’albums de vignettes. Il s’agit d’une des premières expositions réalisées dans ce centre culturel d’Ipanema. Dans le film apparaissent deux prestidigitateurs faisant le même tour de magie simultanément. Les images du film composent un petit album de vignettes et l’ensemble des albums est disposé sur des présentoirs de supermarché ; une pyramide de tirelires est également exposée sur une étagère en verre au centre de la salle.

La série Si-la-box est présentée dans une exposition individuelle à la galerie César Aché, à Rio de Janeiro (1980). Ce travail est composé de photographies d’une fleur de Callistemon rouge sur lesquelles se juxtaposent des goupillons à bouteilles colorés créant un effet mimétique. Sur chaque photographie, il y a des chiffes et des lettres en relief. Ces oeuvres ont aussi été présentées lors de l’exposition « Ici-là-ailleurs » à la galerie Bernard Letu à Genève, sur l’invitation d’Evelyne Gallopin.



En 1982, elle réalise l’exposition Bicho de sete cabeças (La bête à sept têtes) au Musée d’Art Moderne de Rio de Janeiro, dans le cadre du projet Espaço ABCFunarte. Il s’agit d’une pièce composée de quatrevingt- seize objets différents, suspendus sur sept présentoirs rotatifs. Les objets – gants, couteaux, plumes, semelles – sont emballés dans des sacs en plastique et étiquetés avec des dictons et des proverbes populaires (174, 175).



Elle ferme son atelier de sérigraphie à Rio et part pour New York où elle réalise une grande série de dessins au pastel, avant de faire le pas décisif vers la sculpture.

Au Pratt Institute, à Brooklyn, elle découvre les trois dimensions à travers la terre.



Après une série de travaux conceptuels, qui mêlent objets usuels et texte, elle aborde, à New York, vers 1982, la pratique du dessin. Elle entreprend alors une longue série de pastels qui reproduisent, de manière librement réaliste, des objets quotidiens. (Stéphane Cecconi. « Dessin 1 : le geste du sculpteur », Les Minutes du Cabinet des dessins. Genève : Musée d’Art et d’Histoire, 1999).